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Innovation et évaluation au fronton du plan pauvreté

Si les acteurs de terrain en charge de la lutte contre la pauvreté attendent des annonces gouvernementales un changement de paradigme profond, le « plan pauvreté » nous semble à cet égard présenter des atouts importants et pourrait avoir un impact comparable à ce que le PNRU a pu être pour le renouvellement de certains quartiers. Deux logiques propices à une plus grande efficacité des politiques sociales émergent en effet : le soutien à l’innovation, d’une part ; l’évaluation, d’autre part.

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Les acteurs publics sont confrontés à une accentuation de la contrainte budgétaire – comme par exemple la règle des « 1,2% » s’imposant aux Départements - et une augmentation, allant de pair avec leur complexification, des besoins sociaux. Pour s’inscrire en cohérence avec le Plan, ils devront faire évoluer leurs réponses dans un double objectif de plus grande efficience et d’effets produits sur les bénéficiaires. L’innovation cesse d’être une ambition malheureusement aujourd’hui encore souvent velléitaire et devient une nécessité qui s’impose aux collectivités, a fortiori dans un contexte d’émergence des Métropoles, questionnant la prééminence des collectivités chefs de files « historiques » de l’action sociale que sont les Communes et les Départements. 

C’est tout l’enjeu du « Fonds d’Investissement Social » que de contribuer à l’émergence de projets générant une amélioration qualitative des réponses sociales – appelant de fait un repositionnement stratégique des acteurs publics, selon un principe d’accompagnement à l’innovation, alors même que nombre de collectivités sont aujourd’hui focalisées sur la délivrance de prestations dont elles ne maîtrisent que peu les règles d’attribution. En somme, le Plan pauvreté peut permettre aux collectivités de passer d’une logique de guichet  à une logique de projets.

En matière d’évaluation, le Plan imposera aux récipiendaires la mise en œuvre d’évaluations rigoureuses, mettant en évidence non seulement les réalisations, les moyens mobilisés, les actions menées dans le cadre du projet… mais aussi et surtout les effets et les impacts, notamment sociaux notamment, d’un projet déployé dans le cadre du Plan pauvreté. La systématisation de démarches évaluatives au sein des collectivités devrait là encore permettre une césure avec la situation antérieure, caractérisée par des évaluations ponctuelles et/ou intégrant insuffisamment la dimension effets/impacts, notamment de moyen terme, sur les publics bénéficiaires.

En conclusion, le Plan pauvreté porte en germe la concrétisation de deux exigences fondamentales pour améliorer la qualité de nos réponses sociales – la capacité d’innovation d’une part, l’évaluation précise des effets, d’autre part. 
Tout l’enjeu pour les collectivités et leurs partenaires est désormais d’intégrer cette nouvelle instrumentation, qui nécessitera une reconfiguration de leurs organisations et surtout de leurs stratégies d’intervention. 

Stéphane DURIN, Directeur-associé secteur public ENEIS by KPMG, sdurin@kpmg.fr
François MOULERE, Directeur-associé secteur public ENEIS by KPMG, fmoulere@kpmg.fr

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