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Sondage : rendre des comptes aux citoyens, première finalité de l’évaluation des politiques publiques

Plus de 8 Français sur 10 interrogés dans l’enquête Acteurs publics/EY pour l’Observatoire des politiques publiques, réalisée par l’Ifop, souhaitent que le bilan des femmes et hommes politiques soit évalué. Plus globalement, ils estiment qu’une politique publique efficace a, avant tout, un impact sur les conditions de vie.

Dans un contexte de défiance à l’égard du personnel politique, parfois assimilé à un “divorce” entre les Français et leurs élus, 83 % estiment aujourd’hui que le bilan des femmes et hommes politiques doit être évalué par un tiers, c’est-à-dire un organisme distinct de celui auquel ils appartiennent (34 % l’estiment même “tout à fait”).

Une évaluation des politiques publiques qui, pour les Français, doit avant tout porter sur la responsabilité des élus et l’efficacité des actions menées : ainsi, 58 % citent comme objectif prioritaire de l’évaluation le fait de rendre des comptes aux citoyens, devant l’arrêt des dispositifs qui ne fonctionnent pas (57 %) et l’amélioration de l’efficacité des politiques publiques (41 %). Si la sanction des mauvaises décisions est citée par 40 % des interviewés, d’autres items relatifs à la “revitalisation” de l’action publique sont, eux, encore moins mis en avant en tant qu’objectifs de l’évaluation des politiques : reconnecter les femmes et les hommes politiques au terrain (35 %), inspirer des réformes (21 %) ou encore sortir des idées reçues (17 %). Outre l’objectif de l’évaluation des politiques publiques, les interviewés se sont aussi prononcés sur ses critères. 

Impact économique et sur l’emploi

Que prendre en compte en priorité pour juger de l’efficacité d’une politique publique ? La réponse des Français se révèle très concrète : c’est l’impact sur les conditions de vie (pouvoir d’achat, qualité de vie), avec 62 % de citations, loin devant des considérations identifiées mais aux conséquences moins perceptibles dans la vie de tous les jours, comme l’impact économique (49 %) ou celui sur l’emploi (43 %). Sont encore moins cités l’impact social (lutte contre les discriminations, intégration, insertion, à 31 %), celui sur la santé (31 %), sur le budget de l’État (30 %), sur le changement climatique (empreinte carbone, biodiversité, à 26 %) ou encore l’impact local (16 %). 

Les citoyens veulent donner leur avis

Enfin, comment mettre en œuvre cette évaluation des politiques publiques ? À cette question, les Français répondent, quasiment au même niveau : avec “les avis des citoyens” sur ladite politique (60 % de citations) et “un rapport d’évaluation” par un tiers indépendant (57 %). Si l’expérimentation à échelle réduite (44 %) ou les avis d’experts (41 %) constituent des modes d’évaluation pertinents pour une part importante de la population, les outils dépendant de “corps intermédiaires” au sens large ne sont mis en avant que par un tiers ou moins des personnes interrogées, qu’il s’agisse des élections (comme moyen d’évaluation – 35 %), d’un rapport parlementaire ou d’une commission d’enquête (32 %) ou des avis des représentants des syndicats ou associations professionnelles (30 %).

Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop

L’enquête Acteurs publics/EY pour l’Observatoire des politiques publiques réalisée par l’Ifop a été menée par questionnaire auto-administré en ligne les 30 septembre et 1er octobre 2020 auprès d’un échantillon de 1 039 personnes, représentatif de la population française âgée de 18  ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

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Club des acteurs publics

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