Partager

3 min
3 min

Sondage exclusif : les conditions de travail se sont dégradées depuis la crise

De meilleures relations avec la hiérarchie, améliorer les rythmes et horaires de travail, équilibrer vie privée et vie professionnelle : c’est le top 3 de ce qui permettrait d’améliorer la qualité de vie au travail, selon les agents publics interrogés par l’Ifop pour Acteurs publics et Relyens.

Alors que la crise sanitaire se prolonge, celle-ci vient ternir le constat sinon globalement positif que font les fonctionnaires concernant leurs conditions de travail. Et l’impact de la crise vient s’ajouter à plusieurs points de vigilance et d’amélioration déjà bien identifiés par les agents des différentes fonctions publiques. Ce sont les principaux enseignements du sondage exclusif Acteurs publics-Relyens réalisé par l’Ifop.

Comme lors de la précédente enquête en septembre 2020 [voir notre hors série “Santé, performance, confort : les vertus du bien-être au travail”], les fonctionnaires ont un ressenti majoritairement positif de leurs conditions de travail malgré un léger recul. Le sentiment des fonctionnaires concernant leurs conditions de travail change ainsi assez peu par rapport à septembre 2020 puisque l’on observe que plus des deux tiers (69 %) des interviewés considèrent qu’elles sont bonnes (- 4 points).

Dans le détail, il est possible de constater que la fonction publique hospitalière est le secteur où les fonctionnaires considèrent avoir les moins bonnes conditions de travail : seuls 56 % les jugent bonnes (13 points de moins que la moyenne). De plus, les fonctionnaires de catégorie B sont les plus satisfaits : 79 % jugent leurs conditions de travail bonnes, contre 61 % pour ceux de la catégorie A.

 

Toutefois, la dégradation des conditions de travail depuis la crise du coronavirus touche plus d’un tiers des fonctionnaires et continue de progresser légèrement. Ainsi, dans l’ensemble, les conditions de travail se sont dégradées pour 38 % des fonctionnaires depuis le début de la crise, un score qui progresse de 3 points depuis septembre 2020 (tandis que 7 % considèrent qu’elles se sont améliorées). Le secteur hospitalier est, là encore, le plus atteint avec 42 % d’agents qui estiment que leurs conditions de travail se sont dégradées. Un chiffre attendu, au vu de l’ampleur de la crise qui a touché les hôpitaux depuis mars 2020, toutefois ce score est très proche de celui de la fonction publique d’État (40 %). 

Les plus du télétravail et du numérique

La crise sanitaire a détérioré les conditions de travail des fonctionnaires sur plusieurs aspects tout en accélérant l’usage du numérique, amplifiant les inégalités dans le domaine. L’environnement de travail est l’aspect qui a le plus négativement évolué (36 % estiment qu’il a évolué dans le mauvais sens). Autre point d’alerte : le dialogue social s’est détérioré, selon un tiers des fonctionnaires (33 %) de même que le rythme et les horaires de travail (30 %). Toutefois, des évolutions positives sont aussi à noter. 

Le télétravail et l’usage d’outils numériques ont tous deux évolué dans le bon sens, à chaque fois selon 33 % des fonctionnaires. Une grande disparité concernant ces pratiques s’observe entre les catégories de fonctionnaires, selon les organisations et les tâches effectuées, qui permettent ou non son usage. Ainsi, les catégories A et B en ont plus fortement bénéficié que la catégorie C (22 % considèrent que le télétravail a évolué dans le bon sens, ainsi que 18 % pour l’usage des outils numériques). De même, la fonction publique hospitalière est celle qui a le moins pu connaître d’évolution positive concernant le télétravail (22 %) ou l’usage d’outils numériques (20 %). 

Les attentes d’améliorations en ce qui concerne les relations hiérarchiques et le rythme de travail demeurent particulièrement importantes. Les fonctionnaires pensent qu’avoir de meilleures relations avec leur hiérarchie serait le meilleur moyen d’améliorer leur qualité de vie au travail (36 % le citent, dont 11 % en premier parmi une quinzaine de possibilité). Dans cette même logique, “avoir un management moins vertical” est cité par 29 % d’entre eux (en quatrième position). Devant, se retrouve le fait d’avoir de meilleurs horaires et un meilleur rythme de travail (33 %) surtout pour les agents de catégorie B (41 %). Enfin, la plus grosse évolution concerne l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, qui devrait être amélioré selon 32 % des fonctionnaires (+ 4 points depuis septembre), dont 14 % de gens qui placent ce point en premier.

Jean-Philippe Dubrulle, directeur d’études, département “Opinion et stratégies d’entreprise”, Ifop

L’enquête Acteurs publics-Relyens a été réalisée par l’Ifop par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 30 juin 2021, auprès d’un échantillon de 507 fonctionnaires, extrait d’un échantillon de 4 498 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. 

Les dernières actualités

Partager cet article

Club des acteurs publics

Votre navigateur est désuet!

Mettez à jour votre navigateur pour afficher correctement ce site Web. Mettre à jour maintenant

×