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Placer le réchauffement climatique au centre des politiques urbaines

Les villes produisent en moyenne 70% des émissions globales de GES. Bordeaux Métropole et la dizaine de villes moyennes de la Nouvelle Aquitaine doivent donc contribuer significativement à l’objectif du plan climat national d’une neutralité carbone à l’horizon 2050.

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Pour l’instant elles sont loin du compte, avec des objectifs d’atténuation modestes et une absence de perspective de long terme. Les leviers  existent pourtant sur les deux postes principaux et croissants de GES en ville: la circulation automobile et le chauffage urbain. Bien que la part modale de l’automobile tende à se réduire dans les hypercentres, cette évolution est trop lente et en partie compensée par l’accroissement global du trafic dans les agglomérations. De plus, les solutions existantes de transport en commun sont peu efficaces dans les périphéries urbaines. Il est urgent de passer à des politiques publiques plus volontaristes (ex : péage urbain, stationnement restrictif, voies réservées au co-voiturage, réduction de la voirie dédiée à la voiture) malgré le poujadisme automobile ambiant. Il serait de salubrité publique que tous les politiques expliquent que le prix de l’essence devra augmenter fortement si on veut décarbonner les transports.

L’efficacité énergétique des logements tend à se limiter au bâti récent, faute d’incitations financières suffisantes et la quasi-absence de production énergétique décarbonée sur le territoire des agglomérations (en dépit du potentiel pour le solaire) ne peut que surprendre.

Autre constat inquiétant, la faiblesse de l’adaptation au changement climatique déjà en cours. Ainsi, la question des îlots de chaleur urbain n’est traitée que sur le site web de Bordeaux Métropole –à travers une étude de sites pilotes– et semble absente des préoccupations des autres municipalités de la région. Pourtant, le rapport AcclimaTerra 2018 montre que cette problématique concerne aussi les villes moyennes de NA en période caniculaire et que la morphologie de la ville comme l’importance des espaces verts humides (ex : Poitiers hors plateau) jouent un rôle décisif. Les écoquartiers, présentés comme exemplaires sur le plan environnemental, ne prennent pas suffisamment en compte ce risque dont la fréquence croît. Rappelons également que les végétaux et zones humides ont aussi une fonction de captation du CO2.

Le plus choquant est la non-cohérence des politiques publiques territoriales fonctionnant en silos : tel Département qui met en avant son plan énergie-climat (PCET) vertueux projette de nouveaux axes routiers, facteurs d’étalement urbain et d’accroissement du trafic. Tel élu, chantre des mobilités douces, prône simultanément le grand contournement autoroutier de Bordeaux ! La priorité climatique est incompatible avec des visions archaïques de l’aménagement du territoire.

 

Daniel Compagnon

Professeur à Sciences Po Bordeaux

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