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Dossier médical partagé : comment mettre les médecins au centre du dispositif

Plébiscité par les patients comme par les médecins, le dossier médical partagé (DMP), qui promet une fluidité du parcours pour le patient et une vue à 360° de son historique de soins pour les praticiens, tarde encore à décoller.

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Côté patients, il semble avoir été largement adopté, avec plus de 6 millions de DMP ouverts à date et 78% des français qui concentrent leurs espoirs sur le DMP pour améliorer leur parcours de santé, selon l’enquête européenne Sopra Steria – IPSOS portant sur la digitalisation des parcours de santé.
Or, selon cette même enquête, les professionnels et les établissements de santé sont les seuls acteurs dans lesquels les français ont très majoritairement confiance (81%) pour leur proposer des solutions numériques efficaces en santé.
Côté praticiens, on ne manifeste malheureusement pas le même enthousiasme. La raison en est simple : renseigner ce dossier est considéré comme beaucoup trop chronophage.
Un accès le plus automatisé possible au DMP, dès la lecture de la carte Vitale, permettrait de gagner du temps « administratif » au bénéfice du temps « médical » consacré au patient. D’un point de vue technologique, ceci implique une interopérabilité des solutions numériques utilisées en médecine de ville comme à l’hôpital.
Cependant, cette seule approche technique ne saurait se passer d’une approche humaine ciblant les usages des médecins. Ces usages pourraient notamment prendre la forme d’une synthèse contenant uniquement les éléments médicaux nécessaires pour éviter une erreur de diagnostic ou de prescription, tels que pathologies chroniques, séquelles d’un accident, handicaps, allergies…
En complément, un puissant moteur de recherche pourrait être proposé, ainsi que des services facilitateurs clés (qui déclenchent les usages, ce que les anglo-saxons appellent les « killer apps ») : par exemple, connaître les interactions médicamenteuses, retrouver rapidement une prescription et les posologies associées, accéder au DMP en situation d’urgence...
Pour y parvenir, il convient premièrement de s’appuyer sur une observation in situ - en médecine de ville comme à l’hôpital - pour comprendre les usages et les besoins, sans solliciter de temps médical. Cette méthodologie de conception, moins utilisée aujourd’hui du fait de son coût (au regard de la réalisation d’entretiens ou d’animation de groupes), serait particulièrement adaptée à la population des praticiens en activité.
Un panel (tournant) de médecins en activité pourrait également être constitué, qui consacreraient chacun un peu de leur temps - idéalement rétribué - pour expérimenter les nouveaux usages proposés.
Ce panel pourrait enfin accéder aux nouveaux services par le biais d’une plateforme nationale de tests fonctionnels, selon un modèle agile similaire à celui développé par les acteurs du « B to C » tels que les GAFAM, qui testent et ajustent leurs nouveaux services en quelques semaines.
Cette approche méthodologique pourrait avoir toute sa place dans le projet Ma Santé 2022, qui prévoit d’ores et déjà un volet dédié aux praticiens (le bouquet de services).

Myriam Reynaud, Partner Conseil Santé & Protection sociale, Sopra Steria Next

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